Grandeur et servitude de la Résistance…

Le mercredi 1er décembre 1943, Alfred Sabatier est arrêté par la Gestapo à son domicile, 6 rue des Capucins à Lyon 1er. Il est 13h, il est en train de déjeuner.

Il réalisera vite qu'il n’a pas été arrêté pour son action militaire et de renseignement (en outre certifiée pour les jours ayant précédé l’arrestation), mais parce qu’il avait dérobé des boîtes de graisse aux Allemands (pour fournir le maquis). 

De fait, deux documents des Archives Arolsen ainsi que le fichier du collaborateur Fernand de Brinon le présentent comme auteur d’un « vol qualifié prémédité » condamné à 2,5 années de réclusion et déporté pour ce motif. 

La Gestapo n’a donc jamais su ce qu’il faisait réellement dans la Résistance, n’a réuni aucune preuve sur ses actions malgré les interrogatoires, les tortures. C’est le signe qu’Alfred Sabatier n’a livré aucune information au cours des 22 interrogatoires subis pendant les six mois passés à la prison de Montluc.

Alfred Sabatier évoque lui-même cette histoire de boîtes dans une lettre à son épouse en date du 14 mai 1944 (écrite depuis la prison de Montluc 3 semaines avant sa déportation), précisant : « Pour la fin, pour demander mon retour, n’oublie pas de dire que les boîtes étaient destinées à fournir le maquis, ça sera confirmé par mes copains et mon chef. »

Cette lettre montre sa connaissance de sa déportation prochaine, et son espoir de survivre à la guerre alors qu'il avait échappé à Montluc à une mort immédiate si la Gestapo avait su ses activités résistantes.

« J’y suis passé près et je te raconterai plus tard comme je me suis débrouillé sans faillir à mon devoir » écrit-il.

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